mardi 12 mai 2015

Projet de loi sur le dialogue social : La mise à mort de l’égalité professionnelle !

A l’heure où les français croulent sous les impôts, que les familles sont étranglées par la réforme des rythmes scolaires, que le projet de loi « modernisation de notre système de santé » est le théâtre d’un désastre sanitaire annoncé, une fois de plus, le gouvernement divise les français.

En supprimant du code du travail le « Rapport de Situation Comparée » (RSC, obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés) instauré par Yvette ROUDY, alors Ministre Déléguée aux Droits de la femme en 1983, qui permet d’identifier les inégalités au sein d’une même entreprise afin de les rectifier, le gouvernement opère un véritable délit de genre.

Avec François Hollande c’est : Les femmes, à la maison !

Les femmes deviennent alors victimes de leur sexe, victimes des inégalités qui persistent entre hommes et femmes dans le monde du travail.

Au XXIème siècle, le projet de loi de François Rebsamen, réaffirme le mépris du gouvernement envers les femmes et opère un véritable retour en arrière. C’est une honte !
A l’occasion de son quinquennat, Nicolas Sarkozy s’est beaucoup investi pour l’amélioration de la condition des femmes. Concilier vie professionnelle et vie familiale, via le développement de nouvelles solutions de garde, la promotion de la parité via la loi Copé-Zimmermann (cette loi prévoit une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les Conseils d’administration des moyennes ou grandes entreprises, à hauteur de 40% minimum), ou encore la lutte contre les violences faites aux femmes (Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes), sont autant de sujets qu’il a eu à cœur de faire progresser. Tout au long de sa mandature, il a souhaité faire émerger une nouvelle génération de femmes politiques choisies pour leurs mérites et leurs compétences à qui il a confié de hautes responsabilités : Christine Lagarde à l’Économie puis au FMI, Nathalie Kosciusko-Morizet à l'Écologie, Valérie Pécresse à l’Enseignement supérieur puis au Budget, Michèle Alliot-Marie à la justice, à la défense … et bien d’autres.

En 2015, les écarts de rémunération dans les entreprises varient entre 9% et 15%. De manière globale, les femmes gagnent 27% de moins que les hommes.

D’ailleurs, il a été calculé que pour parvenir au même salaire, les femmes devraient travailler 3 mois de plus par an. Cet écart de salaire varie en fonction de l’âge des femmes, notamment chez les cadres, comme le démontre une étude récente de l’APEC[1], passant de 4,2 % chez les moins de 30 ans à 12,5 % chez les cadres de plus de 50 ans. Ces inégalités salariales provoquent mécaniquement des retraites bien moindre pour les femmes.

En juillet 2014, dans son premier avis, le Comité de suivi des retraites s’est penché sur les inégalités entre hommes et femmes au moment de la retraite. Nous constatons que les pensions versées aux femmes restent inférieures à celles que touchent les hommes : l’écart est de 42 % si on ne tient compte que des droits directs, et de 29 % si on inclut les droits dérivés (pensions de réversion, notamment).

C’est pourquoi aujourd’hui nous devons dire stop au recul de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes !




[1]Association Pour l’Emploi des Cadres