mardi 30 décembre 2014

Communiqué de Valérie Boyer « Les femmes doivent pouvoir traverser l’espace public sans être considérées comme des proies »

Dans la nuit du lundi à mardi 23 décembre, une femme a été agressée à Paris. L’auteur lui a porté un coup à la tête avec un tournevis. Alors même que la victime est décédée, ce 25 décembre, jour de Noël, j’apprends avec effroi que certains journaux évoquent, et même titrent « une drague qui tourne mal ».

Comment peut-on minimiser les faits et choisir un titre laconique pour un tel drame ?

Ce 23 décembre ce n’est pas simplement une histoire de « drague qui tourne mal » mais une agression physique et même un meurtre. Qui peut réellement penser qu’un homme qui se promène la nuit avec un tournevis dans la poche cherche uniquement à séduire ?

Je ne peux tolérer que dans notre pays des femmes vivent dans un tel climat d’insécurité ! Les chiffres sont édifiants. Selon une étude de l’INSEE, 25 % des femmes âgées de 18 à 29 ans ont peur dans la rue, 20 % se font injurier au moins une fois par an et 10 % subissent des caresses qu’elles ne désirent pas.

Dans notre Etat de droit, les femmes doivent pouvoir traverser l’espace public sans que quiconque  ne les considère comme des proies. Afin de faire évoluer les mentalités, le choix des mots par les journalistes a de l’importance. Un harcèlement ce n’est pas une « simple drague » et un meurtre n’est pas seulement une « agression envers une femme en raison de son sexe » !

Que cette femme repose en paix, ainsi que toutes celles qui ont été victimes de la barbarie.