vendredi 31 janvier 2014

Question écrite sur la gestion des campements illégaux de Roms

Madame Valérie Boyer appelle l'attention du Ministre de l’Intérieur sur les nombreuses difficultés occasionnées par la question Rom tant sur le plan national que sur son traitement au niveau local. Outre les évidents problèmes de sécurité et de salubrité publique que génèrent les campements illégaux dans nos villes, nous ne pouvons accepter que celles-ci se retrouvent défigurées par de véritables bidonvilles au détriment des riverains.

Nous n’avons à ce jour aucun retour sur l’état d’avancement de la politique concertée au niveau européen ni sur l’utilisation qui a été faite de la dotation financière de l’Union Européenne, de plusieurs dizaines de milliards d’euros, mise à disposition des Etats membres pour favoriser l’intégration des personnes dans leur pays d’origine.

Le Gouvernement estime que les populations Roms sont « trop souvent stigmatisées » mais il devrait aussi se demander quelles perspectives d’intégration subsistent à l'heure où le chômage explose dans notre pays et où le Président de la République avoue que son pari sur la lutte contre le chômage a échoué. Nous sommes par ailleurs en droit de nous interroger sur la position qui sera adoptée par la France au sujet de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Espace Schengen si ces pays n’entreprennent pas une véritable politique d’intégration de leurs ressortissants Roms d’ici le 31 décembre 2013.

La circulaire interministérielle du 26 août 2012 portant sur l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites suscite de faux espoirs pour ces populations étrangères qui croient à un eldorado français qui n’est ensuite pas en mesure de tenir ses promesses. Cette circulaire est défaillante car elle n’aborde pas le problème de la reconduction aux frontières et rend obligatoire préalablement à chaque expulsion la réalisation d’un diagnostic social qui donne priorité à la santé, au logement, à l’éducation et à l’emploi des Roms, alors même que nombre de nos concitoyens ne sont pas en mesure de subvenir à ces besoins essentiels.

A l’heure où l’unique solution possible est le déplacement des camps d’un terrain à un autre au rythme des décisions d’expulsion, Madame Valérie Boyer souhaiterait savoir quelles alternatives concrètes et efficaces le Gouvernement souhaite mettre en place afin de répondre aux Français qui se sentent abandonnés et souffrent au quotidien de la situation délétère générée par la présence de ces camps.