lundi 16 décembre 2013

Conférence contre le trafic d'organes et le tourisme de transplantation

Mercredi 27 novembre, j’ai présidé à l’Assemblée nationale une conférence sur le trafic d’organes et le tourisme de transplantation, animée par le Docteur Harold King. Cette conférence de très haut niveau, réunissant experts médicaux et de santé publique, s’inscrit dans le contexte de la pétition DAFOH (Doctors Against Forced Organs Harvesting – Médecins contre le prélèvement forcé d’organes) pour le Haut-Commissaire aux Droits Humains des Nations Unies, demandant l’arrêt immédiat des prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants de Falun Gong en Chine, qui a été signée en Europe par 1 464 543 personnes et 336 487 personnes dans 53 pays.


Le grand tenant actuellement du trafic d’organes, ce sont les transplantations à partir de donneur vivant, essentiellement de reins et de foie. Plusieurs pays se sont engagés sur la pente glissante des dons d’organes de personnes vivantes.
Le trafic d’organes est un sujet aujourd’hui hélas peu médiatisé. D’une part, le grand public ne réalise pas concrètement ce que cela implique et d’autre part, l’évolution actuelle des mentalités nous mène sur la voie d’une totale marchandisation du corps dans tous les domaines. Le projet de loi sur la famille va être l’occasion de franchir de nouvelles limites en créant peut-être la possibilité de louer des organes pour la reproduction, afin de permettre à un couple homosexuel d’avoir des enfants.
Que l’on soit d’accord ou non n’est pas le sujet. Ce qui est inquiétant, c’est qu’en faisant bénéficier les couples homosexuels des techniques de procréation médicalement assistées, on va devoir briser deux principes fondamentaux de la sécurité sociale : la gratuité et le fait que la Procréation Médicalement Assistée soit réservée aux personnes médicalement stériles, donc par définition pas aux homosexuels.
Aujourd’hui les principes de la sécurité sociale concernant la PMA sont conservés : les 4 premières FIV sont remboursées et réservées aux personnes qui sont médicalement stériles. Demain, de la même manière que les hôpitaux français achètent du sang à l’étranger, l’achat de gamètes sera autorisé et nous serons donc bien, si nous n’y sommes pas déjà, face à un problème global de vente d’organes.


La marchandisation des corps est un véritable retour en arrière et ne suscite malheureusement que trop peu de réaction et trop peu d’intérêt de la part du grand public. Il faut à mon sens préserver les principes comme la gratuité, l’anonymat et le souci du malade avant tout.
Sous couvert de médiatisation et d’électoralisme, les principes de protection et d’inaliénabilité du corps humain sont complétement remis en cause et sont révélateurs d’une grave inflexion dans les valeurs éthiques à l’heure actuelle. C’est ce qui m’avait conduite à présenter une proposition de loi dans le texte sur la bioéthique. Le Gouvernement voudrait faire croire que l’évolution naturelle de la société implique nécessairement une banalisation de la valeur du corps humain, ouvrant la voie à des dérives inacceptables. La marchandisation du corps est un problème général et je souhaite que la France, avec le CCNE, prenne les bonnes décisions sur ce sujet fondamental. 
Suite à cette conférence, une résolution sur le prélèvement d'organes en Chine a été adoptée jeudi 12 décembre par le Parlement européen à Strasbourg pour mettre fin immédiatement à la pratique de prélèvements d'organes sur des prisonniers de conscience :
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=MOTION&reference=P7-RC-2013-0562&format=XML&language=FR