vendredi 6 décembre 2013

Commémorations du 5 décembre à Marseille

En cette journée de commémoration et d'hommage national aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, je tiens à rappeler que de nombreux combats, sur le plan idéologique cette fois, sont encore à mener pour honorer la mémoire des victimes.


Je profite de cette journée pour rappeler combien nous devons rester vigilants quant aux insultes répétées à l’encontre de la communauté pied-noir.

Le fait remonte à plus d’un mois désormais, mais la douleur est encore vive pour ceux qui comme moi se sont sentis meurtris et humiliés par l’amalgame intolérable et scandaleux commis par Eva Joly qui déclarait le 16 octobre dernier sur i-Télé : « Si nous ne sommes pas capables d'intégrer quelques dizaines de milliers de Roms alors que nous avons intégré, en 1962-63, un million de pieds-noirs…»

Les pieds-noirs, citoyens français et j’insiste bien sur ce point, ont été contraints de quitter un territoire juridiquement français jusqu'à l'indépendance officielle du pays en juillet 1962. Visiblement, Mme Joly, qui représente pourtant la France au Parlement européen, ne connaît rien de son histoire et salit la mémoire de milliers de pieds-noirs et de harkis qui ont défendu la France. L’insulte et l’ignorance ne sont pas dignes d’une personne qui prétendait à la présidence de la République.

Quel lien même lointain peut-on établir entre un million de Français nés en Algérie à l’époque où elle était un département français et des camps de Roms, peuples nomades sans aucun attachement ni historique ni sentimental à la France ?

Je ne m’explique pas de tels propos et insiste sur la nécessité de conserver la date du 5 décembre comme date officielle d'hommage aux morts pour la France des combattants d'Afrique du nord et non pas le 19 mars.

En effet, la guerre d'Algérie ne s'est pas terminée le 19 mars 1962. Massacres de familles entières de harkis, enlèvements et assassinats de civils européens et de militaires français ont été perpétrés bien après cette date. Comment passer sous silence et ne pas reconnaître officiellement le massacre d’Oran, véritable tragédie pour les Français d’Algérie ?

Le 5 décembre 2003, jour de l'inauguration du monument national érigé à la mémoire de tous les soldats morts en Algérie de 1952 à 1962, est la date qui a été retenue par l'État français après une longue concertation avec les associations d'anciens combattants et de Français rapatriés et c’est la seule qui soit à mes yeux légitimes et digne de symboliser la reconnaissance de la France à ses morts.

Maurice Rey, Conseiller Général et Dominique Tian, Député
lors de la Cérémonie de Commémoration à Marseille

Je continuerai, pour ma part, en ma qualité de Députée de tous les Français, mais aussi à titre personnel, parce que je suis moi-même fille de pieds-noirs, à porter devant le Parlement la cause des rapatriés d'Algérie et d'outre-mer, notamment sur la suspension des poursuites au bénéfice des rapatriés en cas de surendettement lié à leur réinstallation en métropole et pour la défense de l’allocation de reconnaissance pour les rapatriés dits « assimilés ».