jeudi 28 novembre 2013

PLFSS 2014 et Réforme des Retraites : deux rendez-vous ratés...

Je suis pour le moins étonnée par le tour de force du Gouvernement pour faire passer deux textes fondamentaux mardi soir à l’Assemblée, alors que la Gauche dans l’opposition fustigeait ces mêmes méthodes.

En dernier recours, le Gouvernement s’est retranché derrière l’article 44 sur la procédure du vote bloqué pour faire passer le Projet de Loi garantissant l'avenir et la justice du système de retraites, texte sans aucune ambition et qui porte gravement atteinte à notre système de retraites par répartition.

En 2010, nous avions porté une réforme permettant de réduire les besoins de financement et donc les déficits de près de 20 milliards d’euros d’ici 2020, grâce au report de l’âge légal de départ en retraite. L’entrée en vigueur du "décret Hollande" dès le début du quinquennat, rétablissant l'âge de départ à 60 ans pour certaines catégories de population, a contribué à dégrader gravement notre économie et la stabilité de notre système de retraites.

Je déplore le manque de courage du Gouvernement, notamment sur les régimes spéciaux et le rapprochement des régimes publics et privés, qui est un aveu de faiblesse face aux Français, un aveu de la crainte de François Hollande de voir le peuple français dans la rue. Le Gouvernement s’est contenté d’un texte sans envergure, qui ne risque certes pas de faire chuter davantage une côte de popularité déjà au plus bas, mais qui n’apporte aucune solution et aucun financement à un système en péril.

Je condamne également la méthode employée consistant à museler les Députés, jusque dans la majorité, ce qui dénote un manque de respect flagrant pour le Parlement et pour la démocratie.

Le Gouvernement accouche d’un dispositif non financé et la dette continue de s’alourdir…

Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, le PLFSS, après un double échec cuisant au Sénat, sera sans doute voté quasiment dans sa version originelle par la majorité à l’Assemblée, c’est-à-dire sans aucune anticipation sérieuse des conséquences budgétaires qui sont pourtant désastreuses.

Je suis particulièrement indignée par l’instauration d’une taxe de 20% sur les ventes directes aux pharmacies d’officine ainsi que par le retour à peine déguisé des clauses de désignation, qui grâce à un tour de passe-passe technique et sémantique, sont gravées dans le marbre alors qu’elles sont inconstitutionnelles et liberticides.

Le matraquage fiscal continue et le Gouvernement ne se lasse pas de pénaliser la famille notamment avec la baisse du plafond du quotient familial de 2 000 euros à 1 500 euros par demi-part inscrite au budget 2014 qui va toucher 13% des foyers fiscaux. Le PLFSS 2014 est un texte inique et irresponsable qui aggrave durement les déficits et démontre une fois de plus l’amateurisme du Gouvernement.