jeudi 24 octobre 2013

LA FEMME POLITIQUE EST UN HOMME POLITIQUE COMME LES AUTRES


Les récents incidents survenus dans l’hémicycle et leur récupération politicienne scénarisée ont cru libérer une parole qui n’a jamais été liée. Ni cruches, ni faibles, les Députées que nous sommes assument leur féminité – il serait difficile de faire autrement n’en déplaise aux tenants de la théorie du genre – sans se définir pour autant par celle-ci. Lorsque nous travaillons dans nos circonscriptions et à l’Assemblée nationale, lorsque nous proposons des textes de lois, lorsque nous votons, interpellons le gouvernement, ce n’est pas notre féminité qui s’exprime, ce sont nos convictions et nos valeurs indépendamment de toute autre considération. Il est tout de même révélateur de voir que certaines personnes ne savent plus si elles doivent féminiser le mot ‘député’ ; comme si féminiser ou ne pas féminiser ce mot portait des révélations sur leur moi profond. C’est l’illustration d’un certain regard sur le féminisme tel qu’il est parfois porté aujourd’hui de façon réductrice et caricatural ; s’enfermer dans sa féminité et de ne donner à voir que cela. Mais, ce sont nos idées, nos valeurs, que nous voulons donner à voir. Et nous dénonçons cette façon de galvauder l’image de l’Assemblée nationale en donnant l’impression aux français que toutes les femmes Députées sont des petites choses fragiles qui doivent êtres protégées face à leurs lascifs collègues masculins. Cela rappelle ce qui s’était passé en 2011 après qu’une Ministre avait déclaré ne pas porter de jupe les jours où elle était présente dans l’hémicycle ; nous avions alors organisé un pot amical avec des Députés hommes et femmes afin de dénoncer l’exagération des tensions machistes, le décalage avec la réalité que nous vivons tous les jours, une réalité qui encore une fois est celle du travail parlementaire d’hommes et de femmes élus sur leur nom par nos concitoyens. Quant à ceux qui reprochent aux partis politiques de ne pas respecter la parité, il convient de leur rappeler en premier lieu que la parité sur les scrutins de liste est une obligation légale respectée à la lettre, et en second lieu qu’il serait impensable en ce qui concerne les scrutins uninominaux de pénaliser les sortants, bénéficiant d’un fort ancrage local. Les atermoiements socialistes sur le machisme en politique, le comptage de points de la parité, sont ni plus ni moins une posture.

Le Parti socialiste ferait mieux de balayer devant sa porte ; Ségolène Royal abandonnée par son propre camp pendant la campagne de 2007, trahie au congrès de Reims et aux législatives par un tweet de la Première dame, Marie-Arlette Carlotti nommée ministre pour être la candidate du gouvernement à la primaire socialiste puis lâchée, Samia Ghali seule contre tous... Le PS défait systématiquement ses icônes féminines.

Et c’est avec ce même esprit étriqué qu’il a entrepris de détruire la famille et les Droits des femmes. C’est la gauche qui a voté l’abaissement du quotient familial obligeant les couples qui souhaitent avoir des enfants à opérer un calcul en vertu duquel ils auront  plus d’avantages à ce que l’un des deux conjoints, la femme dans 99% des  cas, reste à la maison. C’est la gauche qui a décidé de fiscaliser la majoration des pensions des parents de familles nombreuses. C’est la gauche qui assomme les ménages avec 12 milliards d’euros d’impôts nouveaux en 2014. L’hypocrisie qui consiste à se mettre vent debout pour défendre les femmes alors que le gouvernement allié à  la majorité parlementaire assimile enfants et niches fiscales ne dupe pas les français qui le font savoir. Avec 76% de mécontents, François Hollande a réussi le tour de force d’exaspérer jusqu’à ceux qui avaient voté pour lui il y a un peu plus d’un an.