mercredi 17 avril 2013

LA GAUCHE MET EN PERIL LA SCOLARISATION DES ENFANTS HANDICAPES

 La Loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, que la droite a fait voter, a érigé en droit l'accès à un parcours scolaire adapté. 

Les plans autisme qui se sont succédés depuis 2008 ont permis d’obtenir de véritables avancées ; ainsi plus de 170 M€ ont été affectés à la création de 4 100 places supplémentaires dédiées, soit 2 100 places pour enfants (1 500 places en IME et 600 places en SESSAD) et 2 000 places pour adultes (places de MAS, FAM et développement des SAMSAH). Cette enveloppe a été abondée de 10 % supplémentaires, afin de soutenir l’expérimentation de nouvelles formules de prise en charge : à ce titre, 28 structures expérimentales ont été autorisées en trois vagues successives en 2009, 2010, 2011, représentant 417 places (pour une durée de 5 ans), soit un financement de 22,4 M€.
Pour Marseille, j’avais obtenu une dotation financière ministérielle en deux enveloppes pour un total de 320.000 + 720.600 euros = 1.040.600 euros, soit le financement des 15 places de la structure du Pavillon Sainte Victoire de Lacordaire, l'une des premières structures innovantes en France à utiliser la méthode A.B.A. (applied behavioral analysis). J’avais également obtenu l’autorisation d’ouverture et une dotation financière pour le projet de 20 places en classe esperanza à Marseille.
Mais, ces premières avancées significatives, et alors qu’il reste tant à faire dans ce combat de longue haleine qui concerne un petit français sur 150 (Inserm), sont aujourd’hui gravement menacées et les belles paroles du plan CARLOTTI d’ores et déjà contredites par la majorité socialiste.
En effet, les Députés de gauche ont déposé et adopté un amendement 274 à la loi sur la refondation de l'école (loi Peillon) qui permettra aux enseignants de saisir la Maison Départementale des Personnes Handicapées pour toute décision d'aménagement du temps de scolarisation et d’orientation.
Ce droit était jusqu'à présent réservé aux parents, premiers éducateurs de l'enfant, mais les socialistes ont décidé d’y importer le concept du décideur-payeur, faisant accroître le risque d’une exclusion encore plus forte et de l'évacuation vers des structures médico-sociales inadaptées qui ont déjà des délais d'attente exorbitants.
Mesdames et Messieurs les socialistes, les enfants en situation de handicap, leurs familles, ne sont pas une variable d’ajustement financier, ils ne sont pas une source d’économie destinée à financer les politiques publiques erratiques du gouvernement Ayrault.  
Madame la  Ministre Carlotti, que vaut donc votre plan quand il est désavoué avant même d’être sorti par votre propre majorité ?
L'école de la république est le premier lieu où doit pleinement s'exercer la citoyenneté des enfants, de tous les enfants quelque soit leur handicap.
 
Valérie BOYER